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Cinquante Nuances de Grey, quand le sexy devient mainstream !

Difficile de passer à côté de l’ouragan Cinquante Nuances de Grey, trilogie sulfureuse imaginée par la britannique E.L. James, qui a conquis des millions de lecteurs et lectrices à travers le monde. Entre scènes sensuelles torrides, romance exacerbée et humour involontaire (ou assumé ?), cette série littéraire a durablement changé le paysage de la littérature érotique contemporaine. Alors attachez vos ceintures (ou vos menottes en velours) et plongeons dans le phénomène sexy qui a émoustillé autant qu’il a amusé.

Un phénomène littéraire inattendu

Qui aurait parié sur un tel succès en découvrant les premiers chapitres d’une fan-fiction de Twilight publiée sur un forum obscur en 2009 ? Pas grand monde. Pourtant, lorsque Anastasia Steele, étudiante naïve et maladroite, rencontre Christian Grey, milliardaire dominateur aux “goûts très particuliers”, c’est tout un imaginaire coquin qui se démocratise soudain. Comme l’exprime Anastasia dès les premiers moments :

« Pourquoi ce type a-t-il un effet aussi déroutant sur moi ? » (Cinquante nuances de Grey)

Le lecteur pourrait se poser exactement la même question. Car malgré des critiques acerbes dénonçant un style littéraire discutable, impossible de ne pas tourner les pages avec un certain plaisir coupable.
Certains passages suscitent autant de frissons sensuels que de sourires amusés. La désormais célèbre “chambre rouge de la douleur” n’est pas exemptes de controverse. Certains s’imaginent peut-être un lieu lugubre, mais c’est une pièce luxueuse équipée d’accessoires BDSM soigneusement rangés, à l’image du maniaque Christian Grey. Lorsqu’il fait découvrir cette pièce, source de nombre de ses plaisirs à l’ingénue Anastasia il dit :

« Bienvenue dans mon monde, Anastasia » (Cinquante nuances de Grey)

Cette apparente solennité bouscule le lecteur qui se retrouve hésitant entre excitation et crise de fou rire nerveux. La maladresse et l’innocence d’Anastasia ajoute aussi son grain d’humour au récit. Combien de fois notre héroïne rougit-elle en répétant « Oh là là » ou « Ma déesse intérieure fait la samba » ? Ces petites exclamations, répétées avec une constance hilarante tout au long des trois volumes, rendent la lecture délicieusement absurde et légère, tout en conservant une sensualité indéniable.

Une sensualité grand public controversée

L’une des grandes forces de Cinquante Nuances de Grey réside dans sa capacité à démocratiser les pratiques BDSM, autrefois considérées comme marginales ou taboues. E.L. James rend accessible ces pratiques érotiques à un public plus large, mettant en lumière des notions telles que le consentement, les limites et la communication dans une relation dominante-soumise. Loin de l’image sordide souvent véhiculée, elle propose une vision glamour et presque romantique du BDSM, expliquant en partie l’immense popularité de la trilogie.

L’impact culturel de ce récit dépasse de loin la chambre à coucher. En mettant sur le devant de la scène des pratiques érotiques autrefois marginales, E.L. James ouvre les portes à un dialogue plus libre et moins culpabilisant autour du plaisir féminin. On peut ironiser tant qu’on veut sur l’usage excessif du mot « délicieusement », mais personne ne peut nier l’importance de cette normalisation du désir féminin, jadis tabou dans la littérature populaire. D’ailleurs, Christian Grey ne s’en cache pas :

« Je ne fais pas l’amour, je baise… brutalement » (Cinquante nuances de Grey).

Une affirmation choc qui fait bondir les critiques autant qu’elle ravi les fans, devenant emblématique d’une série qui assume pleinement son côté provocateur. L’ouvrage suscite d’ailleurs nombre de polémiques. Certains spécialistes dénoncent une représentation problématique des relations homme-femme ou une romantisation abusive du contrôle et de la jalousie. Mais comme dans tout phénomène culturel majeur, la controverse contribue souvent à son succès.

Une lecture plaisir au succès colossal

Avec plus de 150 millions d’exemplaires vendus dans le monde, traduits en 52 langues, la trilogie est devenue incontournable. Les adaptations cinématographiques, malgré des critiques mitigées (pour rester poli), ont fait exploser les ventes de cravates grises en soie et de menottes rembourrées. Preuve s’il en fallait que le grand public adore plonger dans les nuances troubles du désir, même s’il s’en moque un peu au passage.

Qu’on aime ou ou qu’on déteste, la trilogie Cinquante Nuances marque son temps, en révélant une société prête à embrasser plus ouvertement sa sensualité et sa sexualité. Elle permet à de nombreuses personnes d’explorer leurs fantasmes sans complexe, tout en partageant quelques fous rires complices en lisant des passages délicieusement absurdes.

« Je veux que tu sois prête à tout moment pour moi » (Cinquante nuances plus sombres)

Lorsque Christian Grey murmure à Anastasia cette phrase, difficile de ne pas lever les yeux au ciel tout en souriant, séduit malgré soi par cette extravagante romance érotique. Mais au-delà du duo central, la galerie de personnages secondaires apporte aussi une touche savoureuse. Kate Kavanagh, la meilleure amie intrépide d’Anastasia, ou Elena Lincoln (Mrs. Robinson), la mentor dominatrice de Grey, enrichissent cette intrigue sulfureuse tout en donnant une profondeur parfois inattendue au récit.

Et Finalement, ce qui fait tout le charme des aventures d’Anastasia et de Christian, c’est justement cet équilibre précaire entre érotisme assumé, romance kitsch et humour involontaire. Après tout, qui n’a jamais rêvé secrètement d’une passion aussi débordante, même si elle se vit avec une touche d’autodérision assumée ?

Cinquante Nuances de Grey reste ce petit plaisir coupable qu’on aime avouer en rougissant quelque peu. Il nous rappelle qu’en matière de sexe comme en littérature, rien n’est jamais trop sérieux pour ne pas être pris avec une pointe d’humour. Alors, que vous soyez un lecteur assidu ou simplement curieux, plongez sans honte dans cet univers où sensualité et amusement cohabitent, car comme le dirait si bien Christian Grey : « Nous avons tous une part sombre, Anastasia » mais fort heureusement, aussi une bonne dose d’humour.

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